Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 18:30

MAURITANIE : SILENCE, ON TUE !

Très peu d'entre nous ont entendu parler de cette république pauvre et désertique, située en Afrique du Nord Ouest, presque inconnue à l’extérieur de ses frontières. Dès lors, il n'est pas surprenant que les pratiques qui y ont cours relèvent pour certains de l'histoire ancienne.
Parmi ces pratiques : l'esclavage. Il en est ainsi depuis plusieurs siècles, il en est ainsi aujourd'hui.
Pratiqué essentiellement par la communauté maure, arabo- berbère, avec ce que ceci a de plus raciste et inhumain, (vente, don, échange d’êtres humains, châtiments corporels, privation de toute liberté, interdiction de tout accès à la connaissance ; notamment religieuse ), l’esclavage a été officiellement aboli en Mauritanie, en 1980 mais persiste de nos jours encore.
Il suffit d’observer la vie quotidienne de ces Hratines-Abids à Nouakchott et à l’intérieur du pays maure(le nord de la Mauritanie),pour s’en rendre compte. En Mauritanie, le Abd - l’esclave- ne s'appartient pas, il fait partie intégrante du patrimoine du maître, et à ce titre n'a rien pour lui, ne jouit d'aucun droit. Ici encore, on prête ou on loue un homme soit pour un travail servile, soit comme étalon pour féconder des femelles-esclaves, propriété d'un autre maître. Ici ,les esclaves ne se marient qu'en fonction du besoin du maître : les enfants sont séparés de leurs mères vers l’âge de deux ans, et appartiennent au maître ; ils peuvent être mutilés en cas de faute grave.  Pour ces hommes et ces femmes, les vexations  peuvent durer toute une vie.
Les lois d'abolition(il faut rappeler que l’esclavage a été aboli officiellement trois fois en Mauritanie) dressent toute une série d’exigences pour que soit libéré l’esclave : il faut, entre autres, indemniser le maître. Jouant avec l’ambiguïté de la constitution mauritanienne ,qui fait de l’islam l’unique source de Droit dans le pays et interprétant à leur guise certaines prescriptions islamiques, les agents d l’Etat et le ministère de la Justice ,continuent de tenir en compte la pratique de l’esclavage. Tous les jugements rendus par ces Cadis (pour des cas de ventes ,de châtiments, de maintien en servitude etc.) tranchent en faveur des maîtres 
Cette triste pratique, digne du Moyen Age que tolère le gouvernement mauritanien fait de centaines de milliers de Hratines-Abids la propriété de la classe féodale maure.

Outre ce fléau d'un autre âge, plusieurs fois condamné par de nombreuses organisations internationales de défense des droits de l'homme, les Negro africains de Mauritanie( haal pular'ens, woolofs, soninko ,bambaras)vivent depuis plusieurs années une situation extrêmement préoccupante: UNE EPURATION ETHNIQUE, presque ignorée de tous.
Depuis 1989,le gouvernement raciste de Nouakchott ne cesse de planifier et de mettre en application un vaste programme de suppression de la population noire. Ainsi, à la suite du conflit qui l’opposa au Sénégal, il est procédé à Nouakchott et dans les grandes villes du pays à l’élimination physique de noirs ,sous prétexte qu’ils étaient sénégalais
."ce qui commença comme une action de représailles contre les sénégalais se transforma en un massacre de tous ceux qui etaient Africains de race noire .La majorité des victimes etaient des sénégalais, mais des Maliens, des Guinéens ,et des Mauritaniens -Hal'Pulareens ,Soninko et Wolofs- etaient également au nombre de ceux qui avaient été tués. De façon ironique, ces foules etaient principalement composées de Maures noirs, qui s'etaient déchaînés avec une si grande soif de vengeance-frappant,tuant et dévalisant des africains noirs." 
Profitant plus tard du rapatriement des ressortissants sénégalais, le régime de Nouakchott, encouragé et soutenu par la majorité de la population maure et par les mouvements extrémistes BAATHISTES et NAASSIRIENS, proches de l’Iraq et de la Libye ,expulse toujours dans des conditions inhumaines plus de 200000 familles vers le Sénégal et le Mali. Le témoignage de Hammet ,un agriculteur Hal'pular,une fois de plus cité par Samuel Cotton est aussi révélateur :

trois jeunes filles se noyèrent .Parmi elles ma fille     ,âgée de douze ans; les deux autres filles etaient nos voisins. Nous nous trouvions au village lorsque les gendarmes arrivèrent ,accompagnés de haratines et de Maures blancs armes de fusils ,de haches et de couteaux .Ils rassemblèrent nos effets personnels et firent monter de cinquante à soixante d'entre nous-hommes,femmes,enfants-dans un camion. Nous fûmes fouillés complètement, puis ils nous ordonnèrent de nous dévêtir...ils nous emmenèrent vers le fleuve. Comme il n'y avait pas de bateaux du côté mauritanien ,ils nous intimèrent l'ordre de nager. Les hommes durent porter les vieillards qui ne pouvaient pas nager. Je dus moi- même porter mon propre père  .
Le 28 juin ,les corps des trois jeunes filles furent découverts dans trois endroits différents du fleuve".

Lâchés par le HCR, ignorés par les gouvernements sénégalais et maliens et bannis par la Mauritanie, certains de ces déportés vivent aujourd'hui encore dans les camps de Dagana, de N’dioum et dans d'autres camps au Mali.

Toujours fidèle à sa politique de nettoyage ethnique, le régime raciste de Nouakchott procède, dans les jours qui suivent l’éclatement du "conflit avec le Sénégal" à la phase II de son programme qui consistait à la radiation de cadres Negro africains dans toute fonction publique. Pendant que quelques centaines de Haal’pulareebe ,Soninko et Wolof se faisaient massacrés par des groupes de Hratines-Abids, obéissant aux ordres de leur maître ( le Beydan) ,dans les rues des grandes villes de Nouakchott et de Nouadhibou, on établit dans tous les services de l’état des listes de cadres noirs qui se retrouveront bientôt au Sénégal ou au Mali, laissant maisons, femmes et enfants en Mauritanie.

Au sein de l’armée, l’épuration s’étala sur plus de cinq ans .Plus de 530 officiers, sous-officiers et soldats noirs furent torturés et massacrés ,entre 1990 et 1993 dans les camps d’AZLAT, D’INAL  de JEREID etc.
La phase III du programme de l'Apartheid Beydan consiste à une politique de la terreur :
 
- Dans la vallée du fleuve, peuplée essentiellement de negro africains, l’armée mauritanienne, en véritable force d’occupation ,poursuit la campagne de  massacres et d’humiliations de la population civile noire, qui subit aujourd’hui encore ,les pendaisons, les lynchages, les viols et autres exécutions extrajudiciaires . Voilà décrits les actes de bravoure de notre armée nationale : terroriser une population civile innocente et désarmée.

- Dans les quartiers populaires de Nouakchott, également peuplés de noirs, Il est opéré à partir de 20 heures de violentes rafles qui ne concernent que ceux qui ne portent pas de BOUBOUS ou de voiles, traduisez BEYDANES. Nos petits frères et nos petites sœurs, quelques fois très jeunes, sont brutalisés, humiliés, torturés dans les commissariats de police de la ville par d'anciens criminels, Maures et hratines reconvertis en policiers et recrutés pour les besoins de cette politique .

Une fois, cette situation décrite, ne serait-ce que sommairement, on pourrait penser se trouver encore  en Afrique du sud, des années soixante, au temps où les idéologues et les tenants de l'Apartheid étaient des blancs aux yeux bleus. Mais cette fois-ci ,on est bien en Afrique de l’Ouest, en Mauritanie où s’est installé depuis l’indépendance, une politique semblable à tous les points de vue à celle qui a sévi en Afrique du sud, avec les conséquences que l’on connaît aujourd’hui .
 Le système beydane ,un apartheid méconnu, sournois, et vicieux car non codifié ,sévit aujourd'hui encore en Mauritanie. Notre Botha-Maure s'appelle MAOUYA WUL SID'AHMED TAYA, un colonel de l’armée mauritanienne à la carrière douteuse, arrivé au pouvoir en décembre à la suite d'un coup d’état .

Soutenu ouvertement par l’élément maure raciste des partis Bàasthistes et Nàassiristes et par la majorité de la population maure, il se vantera d'avoir eu le courage de mettre en application ce qu’avait imaginé depuis 1960, MOCTAR WUL DADAH . En effet, tous les régimes qui se sont succédé à Nouakchott, depuis 1960 (Wul Dadah, Wul Saleck,Wul Louly, WUL Bouceif,WUL Haidallah )avaient essayé de mettre en application ce programme de suppression de l’élément noir de Mauritanie, aidés en cela par le colonisateur français et après l’indépendance par la totalité des pays arabes.

La politique d’arabisation commencée depuis 1954 et encouragée par le colonisateur français qui voulait faire de la Mauritanie un espace unitaire maure , sera à partir de 1960,l’un des piliers de la politique de discrimination déjà dénoncée et combattue par la classe politique noire qui s’est très tôt mobilisée pour défendre ses intérêts .  Cette politique d’arabisation poursuivie et renforcée à partir de 1965 visait un triple objectif :

* le contrôle de l’éducation pour consolider la domination de la culture arabe.

* le contrôle de l’administration pour justifier le caractère arabe du pays.

* le contrôle de l’économie par le moyen des instruments de la politique, de l’administration et de l’éducation.

Dés 1960,le régime de wul Dadah commença, le premier à jeter les bases de ce programme de marginalisation politique, économique et culturelle de la communauté noire(Haalpular'ens, soninko, wolofs).
 Avec le colonel Wul TAYA, on va sans scrupule et avec un grand souci de perfection, consolider et afficher le caractère désormais plus que déclaré d'une Mauritanie arabe, exclusivement arabe. On assiste à l’émergence de l’Apartheid mauritanien(non codifié)mais qui va se manifester partout.
Le NAZISME MAURE dont Wul Taya réclame aujourd’hui avec une certaine fierté la paternité ne date donc pas de 1984,même si c’est sous son règne qu’il connaîtra son paroxysme.
Moins de deux années seulement après son arrivée au pouvoir, le 4 septembre 1986, débute une série d’arrestation de cadres soninko, haalpulareebe et wolof, qui avaient publié en avril 1986 " le manifeste du negro mauritanien opprimé.de la guerre raciale à la lutte de libération nationale.1966-1986 " un document de 55 pages dans lequel ils dénonçaient la politique de discrimination raciale et culturelle, d’exclusion ethnique dont les noirs font l’objet depuis l’indépendance de la Mauritanie en 1960.Accusés d’avoir organisé uncomplot contre la sûreté de l’état,condamnés à de lourdes peines et transférés à WALATA ,dans l’Est du pays, ils seront à partir de 1987, les victimes d’une nouvelle politique d’expérimentation de toutes sortes de tortures et d’humiliations :
"...Nous n’avions plus le droit de porter nos noms musulmans.nous étions seulement des négres, des bêtes. c’est pourquoi nos gardiens nous appelaient HAYAWAN. Ce que signifie bétail, moutons... "  .
 Ces mauvais traitements seront les causes des décès de Téne Youssoufi gueye ,écrivain et ancien représentant de la Mauritanie auprès de l’UNESCO, du lieutenant Abdul Ghoudous Bah,extradé d’Alger où il était en stage vers la Mauritanie par le gouvernement algérien, de Tabssirou djigo ancien ministre de la santé, de Alassane Oumar BAH, Adjudant de l’armée mauritanienne.
Avec Wul Taya,les negro africains vont passer de la marginalisation à l’exclusion totale et à partir de 1989, à l’élimination .En bon maître du génocide des noirs de Mauritanie, en parfait MILOSEVIC du désert, il martelait en 1998 lors d'un voyage à Atar ,dans le Nord du pays, que la Mauritanie était un arbre dont il fallait secouer de temps en temps les branches pour en faire tomber les feuilles mortes ,par feuilles mortes vous pouvez traduire Ha’apularebe,soninko et wolof.On peut alors imaginer ce QUE peut être l'ampleur de ce nettoyage ethnique ignoré par nos propres voisins.

Livrés à des chiens assoiffés de sang(tous les corps de l’armée, de la police et de la garde nationale ont d’une manière ou d'une autre participé à ce plan d’élimination de Negro africains de Mauritanie.),Femmes, enfants et vieillards sont depuis 1989, les victimes d’une politique de la terreur jamais encore imaginée dans la sous région.

En Mauritanie, Une République islamique (il est peut être  nécessaire de le rappeler en tout moment), il est permis au musulman maure de tuer son frère musulman, parce qu’il est noir, en République islamique de Mauritanie, le musulman maure peut tuer en plein RAMADAN (mois de tolérance, de pardon )son frère musulman noir en criant ALLAHOU AKBAR, dans cette république islamique, le soldat maure musulman peut torturer et pendre un soldat noir musulman, comme lui, en récitant des versets coraniques.

SOULEYMANE BAL
BORDEAUX, Avril 2001
 
 

  




















Par ceerno
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus